Quel intérêt y a-t-il à parler du silence de l’analysant ?
Provocation ?
On parle toujours du silence bien connu de l’analyste, et jamais de celui de l’analysant…
Le seul mode d’appréhension du silence dans les écrits psychanalytiques semble être de le mettre du coté de la résistance.
Mais ce mode de silence est interruption de la parole.
A mon avis il existe beaucoup d’autres silences de la part de
l’analysant qui méritent qu’on les prenne en compte, pas seulement pour les faire cesser.
Cette intervention serait-elle alors du coté d’une vocation de St Bernard : on semble ignorer ceux qui se taisent alors qu’il
faut parler, ce serait leur donner la parole ?
Ou bien y a-t-il quelque chose à réfléchir du coté du désir de l’analyste au cours des cures silencieuses ?
A quoi le silence appartient-il dans une cure ?
Le silence de l’analysant à écouter, temps de silence, ponctuation comme dans une symphonie.
Silence vide souffrant, vide de la pensée.
Silence du ressenti et cri du corps hors jouissance
Quelques formes de silences que j’ai eu plaisir à interroger.
Ces deux textes ont été présentés dans le "groupe de travail autour de la perversion". Un travail au sens large du terme,
tantôt de compilation, tantôt de lecture ou de confrontation aux contextes d'énoncés.
On constate une évolution de ce concept dans le discours social et une généralisation en psychopathologie. Le sens du mot perversion
peut être moralisateur, manipulateur dans le langage courant et aussi support d'interventions dans l'aide psychologique, la cure
psychanalytique, un sens pris soit dans une certaine "banalisation", soit dans un certain "sérieux", un sens qui, en tout cas,
déclanche des effets.
Cette contribution pourra-t-elle éclairer le trouble que peut provoquer l'emploi et l'usage de ce terme dans le vocabulaire quotidien
et psychanalytique, s'agit-il d'un simple mot appartenant à un langage social ou touchant à la structure psychique? Peut-on parler
de structure psychique perverse ou pas?