Association Lieu de Transmission et d’Élaboration des Ruptures Sociales
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L'Académie Baroque, espace de transmission



Extraits du séminaire du 9 juillet 2002
Publié dans « Clinique de l’acte analytique » Tome 2, Chapitre 17, Marc THIBERGE

L’Académie Baroque comme lieu d’énonciation singulière :

"Ce protocole vise à protéger des effets ravageurs du transfert dans les groupes et à permettre la mise à l’épreuve de l’invention subjective dans le collectif. Ce faisant, à l’encontre du Cartel, l’Académie Baroque fonde la discontinuité entre la réalité psychique et réalité sociale, réfute la réduction du lien social au transfert, comme position théorique, promeut la pratique du lien social intransitif "débarrassé de tout effet de groupe".
A l’encontre de la Passe, […] l’Académie Baroque assume le non savoir concernant le devenir psychanalyste et fonde ce non savoir sur le roc de l’irréductible singularité subjective ; acquiesce au fait que «le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même et de quelques autres » au prix pour celui qui y souscrit, d’attester devant le collectif de ses pairs, de son accès à l’élaboration et à la réinvention de la psychanalyse ; ne procède à aucune nomination, puisque son protocole garantit simplement que celui qui s’y inscrit s’expose en position de transmission. Bien plus, la transmission n’étant pas une spécialité de la psychanalyse, tout Parlêtre inscrit dans toute obédience que ce soit, peut éprouver la réalité de l’élaboration qu’il mène dans son champ. Comme on le voit, il n’y a pas de quoi avec un tel protocole, assurer une carrière ou militer pour une expansion de la psychanalyse.
Bien plus, le constat que l’analyse n’intéresse que ceux engagés dans ce champ, interdit tout prosélytisme. Autrement dit, on ne monte pas une association pour faire du monde, on monte une association parce qu’il y a des gens engagés dans le travail de l’analyse et pour lequel il est nécessaire de disposer d’un collectif pour travailler. C’est tout à fait la démarche inverse. Pratiquement chacun qui participe à l’Académie Baroque, est invité à venir soutenir son élaboration actuelle, soit dans le champ psychanalytique, soit dans un champ de transmission.
Au regard de ces enjeux, je crois que c’est aussi important, les membres du collège de l’Académie, c’est à dire ceux qui ont accepté de faire parti du collège, prennent vis à vis de ceux qui s’y risquent d’évidentes responsabilités d’élaboration, mais non pas au titre de l’association. Libre à chacun d’intervenir et de tester d’autres dispositifs, dès lors qu’ils tentent de répondre aux questions posées par l’Académie Baroque en une mise en perspective cohérente. […]

Il s’agit de ménager des lieux protocolaires où pourrait se performer du dire comme tel. Il semble qu’à certains égards, le conseil de la convention psychanalytique avec son protocole de candidature particulier n’était pas sans avoir à voir avec cette préoccupation, à ceci près qu’il fonctionnait comme instance permanente pour ceux qui y avaient accédés. L’Académie Baroque à Toulouse avait cette ambition avec son protocole aussi de permettre la performance d’un lien social... Sans doute le protocole de la passe du côté "passant" comme prise d’acte de l’être dans la parole, participe de cette instance. Cette instance atteste de l’efficace de la transmission.

[…] Voilà, un petit peu comment on avait libellé le protocole de l’Académie Baroque. Pourquoi Académie Baroque ? Académie par ce côté un petit peu ritualisé de gens qui se réunissaient à l’époque une fois par mois, le samedi matin et le côté Baroque, parce que le baroque évoque à la fois la fin d’une période et déjà en gerbe l’avènement d’une autre, un nouveau jour qui se lève […]. Le protocole disait ceci : l ‘Académie Baroque comme lieu d’énonciation où sur convocation, une Académie se réunit. Chaque participant s’engage à prendre parole, attestant d’une position de transmission et non de communication. Cela veut dire une chose très simple, c’est qu’une fois que quelqu’un a parlé, on se lève et on s’en va, alors que la manie qu’on a généralement c’est de vouloir "discutailler" pour être sûr qu’on a bien compris et qu’on va communiquer enfin ; justement là, est radicalisée la question de la non-communication de la parole.

L’institution du protocole stipule : -- d’une part, que chacun prend sur lui la responsabilité des personnes à qui il propose d’intervenir. Principe d’ouverture du «groupe" qui fait obstacle à la sectarisation. C’est vrai, que si un groupe se ferme et se réunit entre ses membres en étant fermé pendant un an ou deux, je ne donne pas cher de son ouverture en fin de course. -- D’autre part, que les prises de parole ne se soutiennent que du contexte réalisé par la présence protocolaire muette des participants. Tout le monde se la ferme. Principe de non-retour de la communication. -- Qu’à chaque réunion, se performent une élaboration sur la psychanalyse ainsi qu’une question issue d’un autre champ. Encore une fois, la question de transmission n’est pas une question spécifique de la psychanalyse, simplement la psychanalyse s’y intéresse directement. C’est pourquoi la moindre des choses c’est que des gens qui ne travaillent pas dans le champ de la psychanalyse, mais qui sont des gens de transmission, se sentent éventuellement conviés. Principe de prise en compte des énoncés de la macro-culture par le champ restreint de la psychanalyse. Voilà pour ce qui était de l’Académie Baroque".



Vous pouvez retrouver le texte intégral dans l’onglet «Textes de Marc Thiberge»



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